Entre volcans encore chauds, lagunes glaciaires, sources d’eau chaude et nuits illuminées par les aurores boréales, l’Islande fait partie de ces voyages qui marquent vraiment. Mais c’est aussi une destination qui se prépare : météo changeante, routes parfois fermées, budget conséquent… Dans cet article, je vous propose un guide pratique pour organiser un séjour en Islande autour des circuits, des volcans, des lagunes et des aurores boréales, avec des repères concrets pour vous aider à bâtir votre itinéraire.
Quelle durée pour un voyage en Islande ?
Pour profiter réellement des paysages islandais sans courir partout, je conseille :
- 4 à 5 jours : idéal pour un premier aperçu (Reykjavik + Cercle d’Or + côte sud jusqu’à Vík).
- 7 à 10 jours : parfait pour enchaîner volcans, lagunes et aurores avec un bon rythme.
- 15 jours : permet de faire (presque) tout le tour de l’île par la route n°1, avec des détours.
En dessous de 4 jours, vous risquez de passer plus de temps dans les transports qu’à explorer. Au-delà de 10 jours, le budget grimpe vite, mais le sentiment de “road trip au bout du monde” est incomparable.
Quand partir en Islande pour voir volcans et aurores boréales ?
Deux grandes périodes se détachent, selon vos priorités.
Pour les aurores boréales :
- Saison : septembre à mars, avec une nuit suffisamment longue et noire.
- Meilleur compromis : mi-septembre à fin octobre, puis février-mars (nuits longues, mais météo un peu plus clémente).
- Conditions : ciel dégagé, activité solaire suffisamment forte, peu ou pas de pollution lumineuse.
Pour les randonnées volcaniques et les paysages “ouverts” :
- Saison : juin à septembre : routes de montagne ouvertes, pistes F généralement accessibles (4×4 nécessaire).
- Période très prisée : juillet-août : plus de monde, prix plus élevés, mais météo plus stable.
Si vous voulez et tenter les aurores et profiter encore de belles randos sans trop de neige, visez mi-septembre : les couleurs de l’automne islandais sont superbes, les premières aurores sont là, et certains hauts plateaux sont encore accessibles.
À savoir avant de venir :
- La météo change très vite : vent fort, pluie, brouillard… Prévoyez toujours un plan B par jour.
- Les éruptions volcaniques sont imprévisibles : les sites peuvent ouvrir/fermer au dernier moment pour des raisons de sécurité.
- Les heures de jour varient énormément : en hiver, il peut n’y avoir que 4 à 6 heures de lumière.
Quel type de circuit choisir en Islande ?
Tout dépend de votre profil et de votre budget. Trois grandes options.
1. Road trip en voiture ou van (le plus flexible)
C’est, à mon sens, la meilleure façon de découvrir l’Islande si vous aimez vous organiser vous-même.
- Avantages : liberté totale sur les arrêts, horaires, lieux peu fréquentés.
- Inconvénients : conduite parfois exigeante (neige, gravier, vent), budget location + carburant élevé.
- Budget indicatif : 60 à 120 € / jour pour une petite voiture en basse saison, facilement le double en été pour un van.
2. Circuit organisé (confort et gain de temps)
- Intéressant pour : ceux qui ne veulent pas conduire, les courts séjours, les voyageurs peu à l’aise en anglais.
- Formules : de la journée d’excursion au tour de plusieurs jours avec guide francophone.
- Budget indicatif : à partir de 80–120 € / jour pour des excursions à la journée au départ de Reykjavik ; beaucoup plus pour un tour complet avec hébergements inclus.
3. Séjour “à base fixe” + excursions
Un bon compromis si vous n’aimez pas changer d’hébergement tous les soirs.
- Vous dormez à Reykjavik ou dans une ville de la côte sud et partez chaque jour en excursion.
- Moins de sensation de road trip, mais plus de confort, surtout en hiver.
Un exemple d’itinéraire de 7 jours : volcans, lagunes et aurores
Voici un exemple de programme très réaliste pour un premier voyage. Il est pensé pour un séjour de septembre à mars (avec objectif aurores), mais adaptable en été.
Jour 1 : Arrivée à Reykjavik
- Arrivée à l’aéroport de Keflavík (souvent en fin de matinée ou début d’après-midi).
- Transfert en bus ou location de voiture (45 minutes à 1 heure jusqu’à Reykjavik).
- Installation à l’hébergement.
- Balade dans le centre : Hallgrímskirkja, rue commerçante Laugavegur, vieux port.
- Dîner au restaurant (prévoir 20–30 € pour un plat simple, plus pour du poisson frais).
Pour récupérer du voyage, je ne prévois généralement pas d’aurores le premier soir, sauf si la météo annonce un ciel parfaitement dégagé.
Jour 2 : Cercle d’Or – geysers, chute d’eau et fissure tectonique
- Départ tôt le matin (8h–9h en fonction de la saison).
- Parcours classique : Þingvellir (parc national), Geysir, Gullfoss.
- Temps de visite : comptez 6 à 8 heures avec pauses et photos.
- Facilement faisable en excursion organisée au départ de Reykjavik.
Pourquoi ça vaut le coup ? Vous voyez en une journée les trois images “cartes postales” de l’Islande : une fracture entre deux continents à Þingvellir, un geyser qui jaillit toutes les quelques minutes, et une cascade impressionnante dans un canyon.
Le soir, si le ciel est dégagé et l’activité solaire correcte, tentatives d’aurores : soit par vous-même en vous éloignant des lumières de la ville, soit via une sortie organisée (souvent autour de 60–90 €).
Jour 3 : Côte sud – cascades et plages noires
- Route vers l’est en suivant la route n°1.
- Arrêts classiques : Seljalandsfoss, Skógafoss, plage de Reynisfjara, village de Vík.
- Temps de trajet : environ 2h30 de route aller (sans compter les arrêts).
- Option : dormir à Vík ou revenir à Reykjavik (plus roulage, mais plus simple niveau logistique).
Cette journée donne une bonne idée de la puissance des éléments en Islande : mer très agitée, falaises, embruns. Attention sur la plage de Reynisfjara : les vagues sont dangereuses, il faut rester à bonne distance de l’eau.
Jour 4 : Lagune glaciaire de Jökulsárlón et plage aux icebergs
- Si vous avez dormi à Vík : poursuivez jusqu’à Jökulsárlón (au total ~4h30 de route depuis Reykjavik).
- Découverte de la lagune glaciaire : blocs de glace dérivant lentement, phoques parfois visibles.
- Juste en face : “Diamond Beach”, avec ses morceaux de glace échoués sur le sable noir.
- Option : sortie en bateau amphibie ou zodiac sur la lagune (payant, à réserver de préférence en avance en haute saison).
Cette journée est longue mais très spectaculaire. En hiver, je trouve plus raisonnable de prévoir une nuit dans la région (Hofn ou environs) plutôt que d’enchaîner un aller-retour dans la même journée, la nuit tombant vite.
Jour 5 : Retour vers l’ouest + source chaude
- Retour progressivement vers Reykjavik, en profitant des paysages différemment (lumière, météo…).
- Arrêt possible dans une source chaude naturelle ou un spa géothermique (il en existe plusieurs alternatives moins chères et moins touristiques que le Blue Lagoon, comme les bains de Laugarvatn Fontana ou le Sky Lagoon près de Reykjavik).
- Soirée tranquille, nouvelle tentative d’aurores si les conditions sont réunies.
Jour 6 : Journée volcans (selon activité et saisons)
En fonction des éruptions et des sites ouverts, il est parfois possible de randonner dans des zones volcaniques récentes (comme Fagradalsfjall lors de ses périodes d’activité). Cela change souvent, mais le principe reste le même :
- Vérifier l’état des sentiers et les fermetures sur le site de la protection civile islandaise et de l’office du tourisme.
- Prévoir de bonnes chaussures, des vêtements coupe-vent, de l’eau et de quoi grignoter.
- Respecter strictement les consignes sur place : certaines zones peuvent dégager des gaz dangereux.
En dehors des zones d’éruption, vous pouvez aussi vous orienter vers des régions très marquées par le volcanisme comme Reykjanes ou Snaefellsnes, accessibles à la journée.
Jour 7 : Dernières heures à Reykjavik et retour
- Balade au bord de l’eau, achats de souvenirs, visite d’un musée (par exemple le musée national de l’Islande pour replacer ce que vous avez vu dans son contexte historique).
- Restitution de la voiture de location et transfert vers l’aéroport.
Cet itinéraire est volontairement assez “classique”, mais il couvre déjà la plupart des grands paysages islandais : volcans, glaciers, lagunes, plages noires, et nuits propices aux aurores.
Volcans en Islande : où et comment les voir en toute sécurité ?
Contrairement à ce qu’on imagine, vous ne verrez pas forcément de lave en fusion : les éruptions restent ponctuelles. En revanche, vous passerez dans de nombreuses zones volcaniques : cratères, coulées anciennes, fumerolles, champs de lave.
Quelques sites volcaniques accessibles aux voyageurs (variables selon la saison) :
- Région de Reykjanes : zone très active, proche de l’aéroport, souvent choisie pour les randonnées sur volcans récents (quand c’est possible).
- Krafla / Mývatn (nord de l’Islande) : champs de lave, fumerolles, paysages lunaires – idéal si vous faites le tour de l’île.
- Thrihnukagigur : volcan dans lequel on peut descendre en ascenseur, activité payante mais unique, seulement en été.
À savoir :
- Ne jamais sortir des sentiers balisés : le sol peut être instable ou brûlant à certains endroits.
- Suivre en temps réel les recommandations des autorités islandaises (sites officiels régulièrement mis à jour).
- Ne pas sous-estimer la météo : un sentier facile peut devenir dangereux par vent fort ou neige.
Lagunes, fjords et glaciers : les incontournables
L’Islande est parfois surnommée “la terre de glace et de feu” : pour la partie glace, quelques repères concrets.
Lagunes glaciaires
- Jökulsárlón : la plus connue, facilement accessible en voiture, très photogénique.
- Fjallsárlón : plus petite, souvent moins fréquentée, atmosphère plus calme.
Si vous êtes sensibles au monde du silence, aux craquements de la glace, c’est un moment fort du voyage.
Activités possibles (variables selon la saison) :
- Balades en bateau sur la lagune (en saison).
- Excursions sur glacier avec crampons et guide (sécurité obligatoire).
- Visites de grottes de glace (surtout en hiver).
Budget indicatif :
- Excursions sur glacier ou grotte de glace : souvent entre 80 et 180 € selon la durée et le niveau.
- Balades en bateau : à partir de 40–60 € par personne.
Comment optimiser vos chances de voir des aurores boréales ?
Rien n’est garanti, mais vous pouvez mettre les chances de votre côté.
- Rester au moins 4 à 5 nuits dans une période propice (septembre-mars).
- Sortir de la ville : moins il y a de lumière artificielle, mieux c’est.
- Surveiller les prévisions : plusieurs sites et applications donnent une indication de l’activité solaire (indice KP) et de la couverture nuageuse.
- S’habiller très chaudement : on attend souvent longtemps, immobile, dans le froid.
- Accepter l’imprévu : parfois rien pendant 2 heures, et soudain un ciel qui s’enflamme.
Pour un premier voyage, je conseille une sortie organisée au moins une fois : les guides connaissent bien les coins dégagés et lisent les prévisions météo locales. Les autres soirs, vous pouvez tenter par vous-même si vous avez une voiture.
Budget, hébergements et pratiques sur place
L’Islande n’est pas une destination bon marché. Pour une idée rapide, en voyage “intermédiaire” (pas le plus économique, pas le plus luxe), comptez en moyenne :
- Hébergement : 80–150 € la nuit pour une chambre double en guesthouse ou petit hôtel.
- Repas : 20–30 € pour un plat simple au restaurant, 10–15 € pour un sandwich / snack ; cuisiner soi-même fait baisser la note.
- Carburant : plus cher qu’en France, mais le pays est relativement petit.
- Excursions : souvent à partir de 60–80 € par personne pour les activités de base.
Pour limiter le budget :
- Voyager hors haute saison (hors juillet-août).
- Alterner repas au restaurant et pique-niques / cuisine en location.
- Choisir des hébergements avec cuisine partagée.
- Profiter des nombreuses activités gratuites : randonnées, cascades, plages, points de vue.
Côté accueil, l’Islande reste globalement très agréable : locaux discrets mais serviables, infrastructures propres, signalétique claire. L’anglais est très bien maîtrisé presque partout.
Faut-il venir en Islande avec des enfants ?
Oui, mais avec quelques nuances. Pour des enfants :
- Moins de 6 ans : prévoyez des journées plus courtes, des hébergements confortables, et limitez les longues randonnées.
- À partir de 7–8 ans : c’est l’âge idéal pour commencer à apprécier vraiment les volcans, les geysers, les baleines, les aurores.
Points de vigilance :
- Sécurité : expliquer clairement les règles sur les plages, près des cascades et des sources chaudes.
- Vêtements : superposition de couches, bonnet, gants, chaussures imperméables pour tout le monde.
- Temps de trajet : éviter les journées avec trop d’heures de route d’affilée.
Si je devais conseiller un profil “famille”, je privilégierais un séjour de 5 à 7 jours basé à 2 ou 3 hébergements maximum, avec des excursions à la journée plutôt qu’un tour complet de l’île.
Que vous partiez pour les volcans, les lagunes, les aurores boréales ou simplement pour la sensation de bout du monde, l’Islande reste une destination où chaque journée réserve une surprise. En préparant bien votre itinéraire et en restant flexible sur place, vous profiterez pleinement de ce voyage hors du commun.
